Ecrit du mois de janvier : Focus sur nos enquêtes

Le Blanchiment d’argent du Narcotrafic : Quand les trafiquants de drogue investissent dans l’économie

28 janvier 2026

Bonjour,

Voici un écrit proposé par le membre du syndicat (SV)

Le sujet proposé ‘est la lutte contre le blanchiment

Bonne lecture!

Le blanchiment d’argent du narcotrafic : quand les trafiquants de drogue investissent dans l’économie

Vendre la drogue pour les narcotrafiquants n’est pas la chose la plus difficile pour eux. Celle qui l’est davantage, c’est de remettre cet argent sale dans l’économie, c’est ce qu’on appelle le blanchiment d’argent. C’est pourquoi les trafiquants de drogue font appel à des profils spécialisés dans ce réseau criminel.

Pour blanchir l’argent de la drogue, les trafiquants utilisent des commerces où l’argent liquide circule : épiceries de nuit, coiffeurs, barber shop, immobilier, location de véhicules de luxe, travail au noir…

La DGCCRF est compétente dans la lutte contre le blanchiment d’argent. A travers son Programme National d’Enquêtes (le PNE), elle contrôle chaque année le secteur de l’immobilier. Elle participe aussi régulièrement à des CODAF (Comités Départementaux d’Action Anti-Fraude) présidés par chaque préfet de département.

Diverses administrations participent à ces CODAF : la Douane, la DGFIP (à travers ses Brigades de Contrôles et de Recherche, les BCR), la Police Nationale, l’inspection du travail, la DGCCRF et les services vétérinaires. En fonction de la nature des entreprises ciblées pour les contrôles, chaque administration décide d’y participer ou pas.

Depuis quelque temps, certains établissements se développent dans les villes. On voit ainsi fleurir des épiceries de nuit, des barber shop, des coiffeurs. Ces commerces n’ont pas ou peu de clientèle. C’est pourquoi, ils sont appelés des « commerces fantômes ».

Leur but est de blanchir l’argent sale. Comment ? En déclarant un chiffre d’affaires fictif, les gérants injectent l’argent de la drogue dans l’économie. L’argent déclaré ressort ainsi blanchi.

A Paris, la brigade financière est une division de la police judiciaire parisienne (DPJ-PP), intégrée à la Sous-direction Cyber et Financière (SDCF). Elle est spécialisée dans la lutte contre la criminalité financière.

La brigade financière fait partie des sept brigades spécialisées de la Sous-direction Cyber et Financière (SDCF). Ces brigades comptent plus de 400 fonctionnaires et incluent notamment la Brigade de Recherches et d’Investigations Financières (BRIF) qui emploie 47 agents. Ces enquêteurs sont capables de mener des investigations longues, qui durent souvent sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Ses compétences portent essentiellement sur :

  • Le blanchiment d’argent, notamment au sein d’organismes institutionnels.
  • Les fraudes communautaires.
  • Les infractions en lien avec des sociétés privées.
  • Les trafics nationaux et internationaux de fausse monnaie.
  • Le blanchiment d’argent issu du crime organisé, incluant des organisations criminelles transfrontières comme des sociétés criminelles ou des clans mafieux.

Au niveau national, deux autres administrations luttent contre le blanchiment d’argent : TRACFIN (Traitement du Renseignement et Action contre les Circuits Financiers Clandestins) et l’AGRASC (l’Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Saisis et Confisqués).

La DGCCRF a signé des protocoles de coopérations avec ses 2 administrations.

TRACFIN est le service de renseignement financier de Bercy. Fin 2024, il employait 230 agents publics issus de différents ministères (économie, intérieur, justice, armées) et contractuels recrutés pour leurs compétences opérationnelles, techniques ou transverses.

50 professions sont soumises au dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT) par le Code monétaire et financier. Cela représente près de 230 000 professionnels déclarants, issus du secteur financier (compagnies d’assurance, prestataires sur actifs numériques, banques, etc.) ou du secteur non financier (notaires, casinos, greffiers des tribunaux de commerce, etc.).

Les déclarations de soupçons adressées par ces professionnels sont la principale source d’informations reçues par Tracfin. En effet, les professionnels du secteur financier sont à l’origine de près de 93% du flux déclaratif reçu par Tracfin.

L’AGRASC, créée en 2010, qui emploie 85 agents en 2024 (elle a presque doublé ses effectifs ces 4 dernières années) saisit les biens des criminels puis les vend lors d’enchères publiques. Les produits vendus sont variés : maroquinerie, montres, chaussures, voitures, biens immobiliers, yath. Dernièrement, l’AGRASC a vendu un yatch appartenant à un trafiquant de drogue pour 10 millions d’euros. Des voitures sportives peuvent être données aux forces de l’ordre également.

S’attaquer aux biens des trafiquants de drogue leur fait beaucoup de mal car ils se sont donnés beaucoup de mal pour blanchir l’argent sale. Cest une perte de temps et d’argent pour eux.

L’Etat renforce sa lutte contre le crime organisé : il vient de créer le 5 janvier 2026, le parquet national anticriminalité organisé (PNACO) qui monte en puissance. Lors de son lancement, le PNACO compte plus de 30 personnes dédiées à la lutte contre la criminalité organisée, dont :

  • 16 magistrats
  • 13 greffiers
  • Une équipe d’assistants spécialisés

Il résulte de l’application de la loi du 13 juin 2025 visant à lutter contre le narcotrafic et la criminalité organisée.

Vanessa Perrée, ancienne directrice générale de l’AGRASC, est la procureure nationale de ce nouveau parquet.

S.V

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